Comment traiter la maladie de Lyme

Art Lyme

Causée par les piqûres de tiques, la maladie de Lyme peut être très dangereuse si elle n’est pas décelée et traitée. Petit récapitulatif des bons réflexes à avoir avant d’affronter les tiques estivales et coup d’œil sur l’accompagnement en naturopathie qui peut être proposé lorsque la maladie se présente.

La maladie de Lyme, ou « borréliose de Lyme », est une maladie causée par des bactéries du genre Borrelia qui est transmise par des morsures de tiques.

Elle évolue sur plusieurs années ou décennies, en passant par trois stades, plus ou moins différenciés, parfois entrecoupés de périodes de latence. Ils peuvent se chevaucher pour certains symptômes.

La phase primaire, qui survient 3 à 30 jours après l'inoculation, est une phase cutanée, représentée par l'érythème migrant (une tache rouge ronde qui s'étend de façon centrifuge jusqu’à 15 cm de diamètre en moyenne). Dans 20 à 30 % des cas, elle est absente ou passe inaperçue. Cette phase peut s’accompagner d’un syndrome grippal (fièvre, fatigue intense, courbatures…).

La phase secondaire, se manifeste dans les semaines ou mois après inoculation. Les troubles peuvent être caractérisés par l’apparition d’une fatigue chronique, de douleurs, de manifestations articulaires, musculaires, cardiaques, ophtalmologiques, neurologiques (on parle de neuroborréliose), psychiatriques…

La phase tertiaire se produit des mois ou des années après inoculation. Elle signe une infection persistante. Au stade 3, les atteintes neurologiques, articulaires et cutanées deviennent chroniques.

Cette maladie est en plein développement, notamment en Europe, dans l'est et l'ouest des États-Unis. Présente dans 65 pays, elle est devenue la plus fréquente de toutes les maladies vectorielles transmises à l'Homme dans l'hémisphère nord.

Chez l'homme, après une infection, il n'y a pas d'immunité protectrice, même si des anticorps restent présents.

Les borrélies sont des bactéries très agressives, qui sont capables d’échapper aux défenses immunitaires et d’envahir beaucoup d’organes, dont le cœur et le cerveau. Si le milieu devient défavorable, les borrélies peuvent se protéger dans des kystes sphériques, les rendant inaccessibles aux antibiotiques.

Comment traiter la maladie de Lyme

Agir avant la contamination

Si une tique est découverte, il faut procéder à son extraction immédiate à l’aide d’un tire-tique (vendu en pharmacie) car, si elle est infectée, plus de temps elle reste accrochée, plus le risque de transmission est élevé.

Si la tique est retirée de la peau dans les 36 premières heures après qu'elle s'y est fixée, les risques de contamination sont réputés faibles ; inférieurs à 1 %, car les borrelia ne sont à ce moment pas encore dans les glandes salivaires de la tique mais dans son tube digestif.

Si la tique n’est pas encore gorgée de sang, si la peau ne présente pas de rougeur localisée et si la température corporelle reste normale, il est d’usage de ne pas traiter, sauf si la personne mordue est une femme enceinte, un jeune enfant ou un sujet immunodéprimé.

L’antibiothérapie, un traitement incontournable

En revanche, si la tique a eu le temps de se gorger de sang, s’il apparait un érythème migrant et/ou de signes généraux (fièvre, fatigue, douleur ou n’importe quel symptôme bizarre) au cours des jours, semaines ou mois suivants, il faut consulter un médecin rapidement qui préconisera un traitement antibiotique adapté et ce, jusqu’à disparition des symptômes.

Si le premier traitement antibiotique n’est pas efficace ou en cas de passage des symptômes à la chronicité, l’antibiothérapie devra être renforcée et maintenue dans la durée.

L’antibiothérapie est un traitement incontournable.

Mais on peut tout à fait accompagner le malade en naturopathie, notamment lorsque la maladie devient chronique.

L’approche naturopathique et… complémentaire

L’objectif va être de renforcer les capacités de notre système immunitaire, de remontrer notre énergie (lutter contre la fatigue), de lutter contre l’inflammation inhérente à la maladie et de réduire les effets indésirables des antibiotiques pris au long cours.

  • Sur le plan nutritionnel, il faut impérativement adopter une alimentation saine, biologique, anti-inflammatoire et antioxydante:
    • Réduire les apports en aliments riche en sucre visible ou caché (aliments à index glycémique élevé),
    • Éviter de trop utiliser les graisses animales saturées et l'excès de protéines animales
    • Réduire fortement les céréales à gluten (blé, seigle, orge…) et les produits laitiers (intolérances au lactose et indigestibilité de la caséine),
    • Eviter les fritures, aliments fortement chauffés et les aliments industriels et préparés,
    • Préférer les graisses insaturées contenant des acides gras essentiels : huile vierge de 1ère pression à froid riche en oméga 3 (colza, lin, noix, cameline) ou les petits poissons des mers froides (anchois, sardines, maquereaux),
    • Augmenter la part de légumes (notamment crucifères et alliacés) et les fruits rouges, noirs, violets, pourpres – Antioxydants et anti-inflammatoires             
    • Favoriser les apports d’aliments fibreux : légumineuses, céréales semi-complètes ou complètes, légumes, fruits,
    • Favoriser les aliments bio pour éviter l’apport de pesticides, d’additifs alimentaires et de perturbateurs endocriniens.
    • User et abuser des épices et aromates anti-inflammatoires (cannelle, curcuma, gingembre, basilic, clou de girofle, romarin, origan, thym, thé vert…)
 
  • Réduire les toxiques environnementaux : tabac, alcool, cannabis, pollution aérienne, et électromagnétique (appareils non utilisés), cosmétiques et produits ménagers non bio afin de ne pas surcharger le foie de toxiques.
  • Remonter l’immunité à l’aide d’un symbiotique (complexe de prébiotiques et de probiotiques), d’échinacée, de champignons tels que les maïtaké, reishi, shiitaké et la vitamine D.
  • Remonter sa vitalitéen veillant à avoir un sommeil réparateur et à une bonne « carburation » des centrales d’énergie de nos cellules, les mitochondries. La prise d’un complexe de vitamines A, B, C, E, zinc, co-enzyme Q10, acide alpha-lipoïque, N-acétyl-carnitine, N-acétyl-cystéine et bien sûr, l’incontournable magnésium.
  • Réduire les effets indésirables de l’antibiothérapie : plus l’antibiothérapie se prolonge, plus la flore et la muqueuse intestinales vont se dégrader et se déséquilibrer, avec pour conséquence le développement d’une flore intestinale pathogène et d’une l’hyperperméabilité de la muqueuse. Pour se prémunir de cela, il faut prendre un complexe probiotiques/prébiotiques pendant et 2 mois après la prise d’antibiotique. Il faudra également envisager la prise de L-glutamine et d’extrait de boswellia serrata pour leurs propriétés anti-inflammatoire et régénérante de la muqueuse intestinale.

Publié dans Medoucine.